Fugitive

Lettres de l'intervalle

07 février 2008

Eaux dormantes

epopesousmarine

Quelques souvenirs de cette obscurité fatale où nous avançons parfois, somnambules...

Posté par Fugitive à 15:50 - Tactiques du temps - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Dans l'ombre s'avance nos désirs ou sommeille le temps de l'imagination passée, et si le monde réfléchi le miroir des tempêtes qu'il a traversé la vague régule le chrono de notre psyché ...

Posté par Bruno, 08 février 2008 à 11:04

Ichtyosaurus cuvieri
tu nages dans nos mémoires reptiliennes
le Jurassique n'est pas si loin,
où sommes-nous en vérité ?
plus 2008 ou moins 200 millions d'années...
Ichtyosaurus
tu fracasses les tours jumelles,
tu dévores la City,
tu effaces d'un coup de ta puissante nageoire caudale les dédales de Wall street...
où sommes-nous en vérité ?
dans quelle mer Téthys nageons-nous ?
Ichtyosaurus
tu nous cherches dans les abysses
tu nous chasses
et nous cherchons une terre,
écailles pesantes
sur nos corps,
dans nos yeux,
nous cherchons
une terre
vierge
une terre
nouvelle...

Posté par max, 08 février 2008 à 12:05

La mémoire est un ossuaire

J'ai toujours aimé les muséums d'histoire naturelle et leurs "galeries de l'évolution".

A mes yeux ce sont surtout des "galeries de l'imagination": dans leur pénombre bienveillante, entouré de squelettes fabuleux, j'aime en effet me perdre dans les méandres du temps et réinventer l'histoire nos origines.

Je laisse de côté les noms latins, les explications savantes, tout ce fatras de connaissances destinées à ceux qui veulent apprendre. Moi ce que je cherche, c'est l'oubli. Je ferme mes yeux d'adulte et je laisse l'enfant qui est en moi ouvrir les siens.

De l'obscurité surgissent les créatures qui peuplent mon imagination: dragons, tarasques, chimères, guivres, tournant autour de moi en un fantastique carrousel d'ombres, comme les fantasmagories d'une lanterne magique.

Une fois, dans un petit musée de province présentant une "galerie des dinosaures", j'ai même retrouvé le squelette du monstre qui se cachait sous mon lit lorsque j'étais enfant. Ce fut à la fois un immense choc et une immense joie.

Lorsque nous avançons ainsi, somnambules, dans cette "obscurité fatale" que tu décris, Fugitive, je crois que, quelque part, nous redevenons des enfants.

Posté par Damien, 08 février 2008 à 13:09

Que j' aime ces formes épurées de la sagesse créatrice ... Longtemps, la vue d' un squelette me donnait la nausée ... Jusqu' au jour où j' ai appris qu' au centre de cette matière battait le sang ...
Je me souviens de ce chat déterré et de chaque os recueilli avec vénération, en éblouissement de la logique de l' architecture secrète du squelette ...
Et ce questionnement sur les os, les muscles, la chair, la peau ... minuscule partie de nous ... et miracle de l' âme qui s' incarne, la gestation d' un être, l' homme, individualité et l' animal, âme groupe ... et l' évolution d' l' espèce ... Que de merveilles à découvrir ... et ces photos, qui réveillent en émergence de l' obscurité quelque chose de notre histoire, du passé de la terre ... J' aime cette expression de Damien : La mémoire est un ossuaire ...

Posté par Kaïkan, 08 février 2008 à 15:11

Petits mots pour...

Avant de partir quelques jours, je vous remercie de me suivre (...et me guider) dans ces voyages incertains, dans ces lieux de mémoire qui nous échappent et où nous aimons nous perdre encore...

Posté par Fugitive, 08 février 2008 à 18:32

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