17 février 2008
Mémoire végétale

"Avouons qu'elle était bien étrange la terre
A cette heure où les bois s'étaient mis à bouger
A danser sur leur ombre alentour de clairière
Où battaient les tambours de notre surdité
Comme un rappel lointain des ténèbres premières."
(Hubert Dubois, Les Danseurs du sacre)
Commentaires
Le jeux des ombres ma rappel le mythe de la caverne...Mais l'espace des ombres ou les bras du temps bouge comme l'éphémère ...Bonne fin de dimanche
Les ombres errantes
Depuis toujours j’ai été fasciné par les ombres. Qui n’a pas essayé de « marcher » sur son ombre, étant môme, qui n’a pas essayé de la « rattraper »…
J’aime bien dans tes photos, Fugitive, ces arbres imprimés sur ces murs de briques, j’aime bien cette petite fille qui lève son bras droit et imprime sa propre ombre dans l’entrelacs de celle de l’arbre…
Dimanche dernier sur la plage de Saint-Jean-de-Luz (pour Fugitive : je suis en métropole en ce moment) baignée de soleil et de monde, un enfant jouait avec son chien. Je surplombais la scène et je voyais le chien courir à perdre haleine après, non pas l’objet que l’enfant lançait, mais après l’ombre de l’objet qui se reflétait, se reportait sur le sable et qui était, bien sûr, insaisissable et vive, je m’en suis rendu compte au bout d’un moment car je voyais bien ce chien, rapide comme l’éclair mais qui ne semblait pas s’intéresser à l’objet lancé dans les airs qu’il dépassait parfois, en réalité il courrait bien comme un fou, vainement, après l’ombre de cet objet et j’ai trouvé ça extraordinaire…
Me reposant, assis sur le mur qui dominait la grande plage, je n’ai pas pu m’empêcher de penser - mon Dieu la folie, la divagation et l’inconstance de l’esprit et des pensées - à d’autres ombres...
Celles « Errantes » de Pascal Quignard (Dernier Royaume 1), mon extraordinaire livre de chevet…
À celles, incomparables, du théâtre d’ombres balinais - wayang kulit - que j’avais eu le bonheur et l’émerveillement de voir dans un petit village de Bali, à flanc de volcan, il y a quelques années. Ce théâtre d’ombres existe aussi en Chine, en Turquie, etc…
À celle perdue par Peter Schlemilh dans sa merveilleuse histoire écrite par Adalbert Von Chamisso. Peter, pauvre et sans travail avait accepté un bien étrange marché, la réalisation de tous ses désirs en échange de son ombre. Il faut lire cet incroyable bouquin (Folio junior) dont Antonio Tabucchi avait parlé dans son « Nocturne Indien » autre bouquin à « clés et à mystère », le protagoniste, héros de ce roman part en Inde à la recherche de son ami disparu, sur ses traces, sur son ombre, à la recherche de qui ? De lui-même peut-être…
Que de bouquins, comme des poupées russes, ces incroyables et mystérieuses matriochkas s’emboîtant à l’infini…
À celles du pont de Yorozuyo, situé à moins d’un kilomètre de l’épicentre de l’explosion d’Hiroshima. Sur ce pont, sont imprimées à jamais les « ombres capturées » des passants qui se trouvaient là, au moment fatidique, un peu comme l’empreinte blanche de la main dont la silhouette est définie par la peinture projetée autour. Les corps des malheureux passants recevant les milliers de degré de l’explosion atomique ont « protégé » le sol, fixant le néant de leurs ombres, anéanties pour l’éternité…
Et voilà qu’aujourd’hui sur le blog de Fugitive, des ombres apparaissent, incroyable hasard ?
Incroyables, redoutables, fascinantes, merveilleuses, « fugitives » ombres…
L'ombre est incontestablement
la chair de toute photographie! Nos ancêtres qui ne connaissaient pas les horloges avaient une formule consacrée par l'usage pour demander l'heure : "Où est l'ombre ? "
N'est-ce pas...
l'arbre dans lequel Peter Pan a bâti sa cabane ?
http://festindohmelle.canalblog.com/archives/2007/11/04/6765451.html#comments
Magique... vous dis-je...
"On ne renie pas son enfance ; on l’enfouit au fond de son cœur, et l’ombre portée, l’ombre magique devient un symbole."
Dominique Blondeau / Les visages de l’enfance
Très belle série.
Petits mots pour...
"Le temps est un enfant qui joue", nous dit bien avant lui Héraclite... Bise par delà les ombres, cher Bruno !
Merci, Max, de nous emmener dans tes voyages intérieurs. Depuis que tu es apparu sur les rails de la ville de mon enfance, j'ai l'impression d'être emportée, en te lisant, dans un train mystérieux, intemporel.
"Où est l'ombre ?", cher Photoeil... C'est ainsi que je demanderai l'heure à ceux qui me sont chers dorénavant ! "La chair de toute photographie", et l'origine obscure de toute représentation, "censure de la lumière" a écrit un certain Stoichita...
Si Audrey ! Ca se pourrait bien car... Clochette n'est pas loin !
Merci pour la référence, Maria. Je note...
Dans un sourire, Armand, merci de tes passages discrets.
Les oiseaux vont se tromper...
Très belles sur ce fond de briques, ces ombres passagères que l'enfant tente d'attrapper.
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