Jehan Rictus

"Merd' ! V'là l'Hiver et ses dur'tés,
V'là l'moment de n'pus s'mettre à poils :
V'là qu'ceuss' qui tiennent la queue d'là poêle
Dans l'Midi vont s'carapater !"
(Les Soliloques du Pauvre, de Jehan Rictus - Dessins de Steinlen)
En frissonnant, j'entre chez l'ami Abélard (la caverne d'Ali Baba des livres à Bruxelles), histoire de me réchauffer entre les couvertures de ses vieilles éditions, et je tombe nez à nez sur un dessin au fusain de Steinlen, un des grands copains de Toulouse-Lautrec. J'ouvre ce pauvre exemplaire déchiqueté et les dessins me happent, puissamment romantiques, étranges, ténébreux et d'une simplicité sans détour.
Il faudrait avoir accès au journal intime de Jehan Rictus, inédit à ce jour, tant la biographie de cet écrivain et chansonnier, croule sous de romanesques péripéties :
"Donc, chacun il a sa chimère
(Mêm' qu'il en est l'unique amant);
Bibi a la sienne également...
Suffit... j'm'entends... c'est m'n'affaire !"
Comment mieux entrer dans l'hiver ?